L’alopécie ou chute des cheveux: Problèmes et Solutions

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L’alopécie est un terme un peu barbare qui signifie « chute des cheveux« , quelque soit la cause de cette perte. Cette appellation vient du grec ancien « alôpekía », qui signifie « chute des cheveux » par analogie à la perte des poils du renard «  alôpex ». 

Cette chute des cheveux peut être naturelle, physiologique ou secondaire à des dysfonctionnements multiples (nutritionnels, hormonaux, émotionnels, post-thérapeutique…). Elle peut être localisée à un seul endroit ou peut être diffuse sur toute la tête. De plus, l’impact et le vécu de cette alopécie sera différent pour chacun d’entre vous quelqu’en soit la cause.

Alors, voyons de plus près cette alopécie: pourquoi certains d’entre nous développent une alopécie et laquelle, quels sont les examens complémentaires à réaliser, quels sont les traitements possibles et qui consulter?

Les cheveux en temps normal

Nous avons en moyenne entre 100 000 et 150 000 cheveux sur notre crâne. Ils poussent en moyenne de 12 à 15 cm par an. Ils se renouvellent régulièrement et leur durée de vie est d’environ 3 ans pour les homme set 6 ans pour les femmes.

Un cheveu est composé:

  • D’un follicule pileux: c’est le « noyau » en quelque sorte du cheveu, à l’extrémité de la racine. Il est vascularisé et il permet la différenciation des cellules en cellules kératinisées pour former le cheveu.
  • La racine: c’est la partie du cheveu enfoncée dans le cuir chevelu
  • La tige: c’est la partie extériorisée du cheveu. Elle peut atteindre presque 1 mètre et peut avoir une forme plate chez les personnes originaires d’Afrique et plutôt ronde chez les personnes originaires d’Europe.

Le cheveu se renouvèle régulièrement. Il a 3 phases dans sa vie:

  • La phase de développement: il grandit progressivement sans cesse. Il pousse de 1,2 cm en moyenne par mois pendant une période de 3 ans environ.
  • Stagnation: les cellules se mettent au repos. Il s’arrête de pousser pendant environ 3 semaines
  • Fin de vie du cheveu: le cheveu meurt et il est remplacé par un autre cheveu issu du follicule pileux. Ce nouveau cheveu a déjà commencé à pousser lors de la phase de fin de vie du précédent à partir du même follicule et il l’éjecte progressivement.

Les cheveux se renouvellent en moyenne 25 fois pour un même follicule dans toute une vie.

Perdre ses cheveux est donc un phénomène physiologique et nous en perdons naturellement et de « manière normale » un peu plus de 50 par jour. C’est tout simplement le cycle du cheveu.

Parallèlement à cette perte « normale », il peut y avoir une accentuation de la perte des cheveux sur certaines périodes données: par exemple selon les saisons, en automne ou au printemps. Il est également courant d’observer une perte parfois plus importante des cheveux dans des périodes hormonales différentes chez la femme: après un accouchement, à la ménopause ou encore lors de la puberté. C’est ce que l’on appelle l’effluvium télogène. Cela peut apparaître dans les 2 mois suivant un épisode par exemple de fièvre importante, d’infection, de poussée inflammatoire, après une opération, après un accouchement…. donc généralement dans les suites d’un stress sur le plan physique et émotionnel. Ce phénomène est transitoire et n’a rien d’inquiétant. Si la perte de cheveu persiste au-delà de 3 mois, un bilan pourra être prescrit par votre médecin traitant.

Par contre, lorsque la perte de cheveux est importante (plus de 80 cheveux par jour), il faut en rechercher la cause. Vous le remarquerez soit à chaque lavage de cheveux avec une quantité importante de cheveux récupérés… Soit visuellement avec un crâne plus clairsemé, soit en vous coiffant (queue de cheval par exemple) avec une sensation de masse de cheveux plus petite ou plus fine dans vos mains.

Les différents types d’alopécie

L’alopécie est donc le terme médical employé lorsqu’il y a une chute de cheveux importante. Elle peut être :

  • Liée à une prédisposition génétique
  • Locale ou diffuse
  • Définitive (alopécie cicatricielle avec une repousse impossible des cheveux) ou transitoire (alopécie non cicatricielle avec une repousse possible dans un second temps)
  • Primitive ou secondaire à des pathologies variées ou à des traitements

Nous évoquerons ici les alopécies les plus fréquentes. Les causes rares ne seront pas abordées ici (certaines infections, tumeurs, dysplasies pilaires héréditaires, rares dermatoses localisées au niveau du cuir chevelu, maladies de système, carences, malabsorption…).

Les alopécies naturelles

  • La calvitie masculine: ou alopécie androgénétique masculine n’est pas une maladie. C’est un processus physiologique qui se produit chez certains homme, plutôt autour de la quarantaine. Elle touche environ 50% des hommes à 50 ans. Dans les formes sévères, elle commence à la puberté. 15% des hommes de 20 ans ont déjà une calvitie.

 

Elle est dite « génétique » car souvent il existe une prédisposition familiale: on retrouve généralement des cas d’alopécie chez le père ou le grand-père.

Elle est dite « androgénétique » car elle est sous la dépendance des androgènes. Ce sont les hormones mâles, raison pour laquelle cela n’apparaît qu’après la puberté. La dihydrotestostérone ou DHT est issue de la testostérone après action d’une enzyme, la 5 alpha reductase. Cette dihydrotestostérone va augmenter le rythme de vie du cheveu, donc sa fabrication et son renouvellement vont d’emballer jusqu’à épuisement du follicule. La production de cheveu devient donc impossible et c’est la calvitie.

Concernant la localisation, elle touche surtout les golfes temporaux sur les côtés et le vertex, en haut et au centre du crâne. Les différents stades sont répertoriés dans la classification d’Hamilton.

  • La calvitie féminine existe également mais est beaucoup moins fréquente. Elle concerne environ une femme sur 5 à l’âge de 40 ans. Elle est liée à une prédisposition génétique mais aussi à des facteurs hormonaux. Au niveau de la localisation, elle touche plutôt la raie centrale des cheveux avec une éclaircissement plus ou moins important selon l’intensité de cette calvitie. Les différents stades sont répertoriés dans la classification de Ludwig.

Les alopécies secondaires à une maladie

On distingue les alopécies avec un cuir chevelu normal:

  • Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) chez la femme: d’origine hormonale, il existe dans ces cas là une augmentation des hormones mâles. Cela est responsable d’une hyperpilosité chez la femme, d’une acné, d’un dysfonctionnement menstruel, et entre autre d’une alopécie.
  • La pelade: ce sont des plaques bien délimitées avec un contour plutôt net et un cuir chevelu strictement normal au niveau de la plaque. Autour de cette plaque, on peut apercevoir des cheveux en forme de « points d’exclamation ». Généralement le diagnostic est clinique et il n’y a pas forcément besoin d ‘examens complémentaires. L’origine n’est pas exactement connue mais penche vers une cause auto-immune: c’est-à-dire la fabrication d’autoanticorps contre les follicules pileux dans un contexte’ généralement de terrain auto-immun (thyroidite, vitiligo…). Au bout de plusieurs mois, les cheveux repoussent généralement. Mais il peut y avoir une augmentation de la plaque de manière assez imprévisible ou une récidive de la pelade.
  • La carence en fer: un manque de fer peut être responsable d’une alopécie diffuse. Cette cause est plus fréquente chez les femmes, notamment en cas de règles abondantes. Elle peut aussi être liée à un régime alimentaire particulier responsable de cette carence.
  • L’hypothyroidie: une baisse des hormones périphériques thyroidiennes peut être responsable d’une alopécie diffuse, plus fréquente chez la femme.
  • La trichotillomanie: Cette maladie est le reflet chez l’enfant d’une névrose autoagressive. L’alopécie qui en résulte est plutôt localisée avec des cheveux cassés. Elle n’est pas définitive. Par contre, la trichotillomanie chez l’adulte peut être le reflet d’un trouble psychologique plus grave, qui nécessite un avis spécialisé.

D’autres types d’alopécies sont possibles avec une atteinte du cuir chevelu (présence de squames par exemple)

  • La teigne: c’est une atteinte du cuir chevelu causée par des champignons microscopiques. Cela atteint plus souvent les enfants. On distingue principalement deux types de teignes: tout d’abord, la teigne microsporique, qui peut donner de grandes plaques, peu nombreuses. Elle est causée par Microsporum canis, un petit champignon présent chez les chiens et les chats le plus souvent. Et deuxièmement, il existe la teigne trichophytique, due au Trichophyton violaceum ou soudanense, d’origine humaine. Ce type de teigne donne plutôt un grand nombre de plaques, mais plus petites.
  • Les pseudo-pelades: elles ressemblent à une pelade, mais avec une atteinte du cuir chevelu. Les causes sont diverses et une biopsie est généralement nécessaire pour faire le diagnostic. Les causes possibles peuvent être: la sarcoidose, le lupus erythémateux, le lichen plan, la sclerodermie ou encore certaines métastases.

 

Les alopécies secondaires à un traitement

Différents types de traitements peuvent être responsable d’une chute des cheveux. C’est le cas par exemple:

  • De certaines pilules contraceptives ou traitements à base d’androgène
  • Anabolisants pris parfois par des sportifs pour augmenter la masse musculaire
  • La chimiothérapie
  • Certains antidépresseurs
  • Médicaments antihypertenseurs, hypocholestérolémiants, antiépileptiques….

Devant toute alopécie, il est indispensable de rechercher systématiquement un effet secondaire de médicaments lorsque vous prenez un traitement. Ce n’est pas rare de trouver « chute des cheveux » dans les effets indésirables…

Qui consulter devant une alopécie?

En cas de perte de cheveux importante, vous pouvez consulter en premier recours votre médecin traitant. Il pourra déjà dans un premier temps, après un certain nombre de questions et un examen complet, se faire une idée de la cause de votre alopécie. Parfois les diagnostics sont clairs. Il pourra donc vous prescrire les examens complémentaires nécessaires et vous délivrer un traitement en fonction.

En cas de diagnostic non évident, il peut faire un premier bilan et demander un avis dermatologique avec les résultats du bilan.

Votre médecin traitant est là en premier recours pour faire soit le diagnostic immédiat, soit pour pré-mâcher un peu le travail pour le dermatologue afin d’optimiser votre prise en charge. L’objectif étant de ne pas encombrer les cabinets de dermatologie avec des situations tout à fait gérables pour votre médecin traitant. Ceci étant, il est parfois indispensable de passer par la case dermato pour faire des examens plus poussés et avoir un avis d’expert.

Quels examens faire devant une alopécie?

Avant de faire des examens complémentaires, il est indispensable d’avoir eu un examen clinique complet afin de rechercher d’autres signes pouvant évoquer un diagnostic particulier. En fonction de ce que l’on suspecte, certains examens complémentaires seront demandés ou réalisés soit par votre médecin traitant soit par votre dermatologue.

Les examens complémentaires demandés devant une alopécie seront variables en fonction du diagnostic envisagé et de ce qui aura été fait auparavant. Parmi tous les examens possibles, voici les principaux:

  • Test de traction: il consiste à tirer entre 2 doigt une trentaine de cheveux. En temps normal, un ou deux cheveux sont retirés. S’il y en a plus, c’est que la chute est excessive.
  • Test au dermatoscope: cette loupe permet au dermatologue d’examiner votre cuir chevelu avec plus de précision et l’aspect des cheveux présents
  • Test à la lampe de Wood: examen direct aux ultraviolets à la recherche d’une fluorescence en cas de teigne
  • Prélèvement mycologique: les squames sont prélevés à la recherche de champignons
  • Biopsie: en cas de diagnostic suspecté de maladie plus rares (lupus, sclerodermie, sarcoidose…)
  • Trichogramme: il consiste à arracher quelques cheveux dans différents endroits et de les analyser
  • Prise de sang: avec bilan du fer, de la thyroide, recherche de certaines carences vitaminiques
  • Prise de photos: cela permet de voir l’évolution

Les traitements possibles de l’alopécie

Les traitements conventionnels

Il dépendront bien évidemment de la cause et seront adaptés à chaque personne.

  • Une carence martiale sera supplémentée en fer
  • L’hypothyroidie sera traitée par des hormones thyroidiennes
  • Les teignes seront traitées par des antimycosiques
  • L’alopécie androgénétique masculine pourra être traitée par du minoxidil ou du finastéride et en dernier recours pas des microgreffes de cheveux
  • L‘alopécie androgénétique féminine pourra également être traitée par minoxidil. Dans le cas du SOPK, un traitement hormonal par acétate de cyprotérone (Androcur) sera généralement prescrit
  • La pelade: c’est une maladie chronique évoluant par phases imprévisibles. L’abstinence thérapeutique peut être une possibilité car les cheveux finissent par repousser… Parfois certains traitements peuvent être appliqués: dermocorticoides par exemple, et parfois le minoxidil ou des antiacnéiques. Dans certains cas, la Puvathérapie, traitement aux UVA, peut être utile.
  • Tout stress sera géré sur le plan émotionnel dans un premier temps avant de débuter un traitement qui peut avoir des effets secondaires
  • Tout effet iatrogène nécessitera un changement de traitement

Les autres alternatives

Ce sont des mesures que vous pouvez appliquer en prévention ou en association à vos autres traitements s’il n’y pas de contre-indications.

  • Votre alimentation est primordiale: il est important d’avoir une alimentation variée et de bonne qualité. En cas de régimes particuliers, il est important de surveiller les possibles carences vitaminiques (vitamine B) ou en fer par exemple.
  • La gestion de votre stress est également fondamentale. Toute anxiété sous-jacente ou pic de stress peuvent avoir un effet sur la chute de vos cheveux.
  • Localement, sur vos cheveux, vous pouvez utiliser:
  1. un shampoing doux et le plus naturel possible, auquel vous pouvez ajouter une goutte d’huile essentielle de romarin à cinéole et 1 goutte d’huile essentielle de Bay saint Thomas (en évitant bien sûr les contre-indications de ces huiles essentielles)
  2. Appliquer régulièrement des huiles naturelles: huile d’argan, huile de ricin, huile de chanvre, huile de brocoli ou encore l’huile de moutarde.
  • Évitez de sécher vos cheveux trop chaud, rincez vos cheveux à l’eau tiède et éviter de trop tirer sur les cheveux (coiffure, brossage aggressif)
  • Évitez les traitements chimiques sur vos cheveux comme les colorations…

Ces mesures sont applicables à tout moment, et même recommandées avant que la chute des cheveux n’arrive…

Voici les huiles essentielles que vous pouvez utiliser pour diminuer la chute des cheveux et les fortifier:

  • L’huile essentielle de Bay Saint Thomas (Pimenta racemosa)
  • L’huile essentielle de romarin à cinéole (Rosmarinus officinalis CT cinéole)
  • L’huile essentielle de cade (Juniperus oxycedrus)
  • L’huile essentielle de cèdre de Virginie (Juniperus virginiana)

Conclusion

L’alopécie est un problème courant qui nécessite une prise en charge afin d’éviter les conséquences émotionnelles et sociales. Comme dans de nombreuses pathologies, la prévention est importante: une bonne hygiène alimentaire, l’évitement au maximum de tout produit toxique et chimique, une bonne gestion de notre état émotionnel, une bonne hygiène du sommeil et traiter vos cheveux en douceur! Tout ce que vous pouvez faire en prévention sera utile, alors n’hésitez pas!