Que faut-il manger lorsque l’on est diabétique?

Comme c’est le cas dans toutes les maladies chroniques, l’alimentation occupe un rôle crucial dans la prise en charge du diabète, au même titre que le traitement médicamenteux et l’activité physique.

De nombreuses études ayant été menées dans l’optique du suivi des personnes diabétiques ont une conclusion commune : manger équilibré est la clé d’un bon équilibre glycémique. Il a également été démontré que maintenir une glycémie à des taux proches de ceux d’une personne indemne ainsi qu’un taux de HbA1c < 7% pourrait prévenir de lourdes complications pouvant survenir à long terme, notamment les complications d’ordre cardio-vasculaire, rénal et ophtalmique.

Quel est donc le régime alimentaire le mieux adapté aux personnes diabétiques ? Faut-il bannir tous les produits sucrés ? Nous avons rassemblé ci-dessous tout ce que vous devez savoir sur l’alimentation chez le diabétique.

Qu’est-ce que le diabète ?

Le diabète est une affection chronique (de longue durée qui évolue lentement) métabolique qui se caractérise par une élévation anormale et chronique de la glycémie (taux de glucose dans le sang).

On distingue principalement 2 types de diabète :

  • Diabète de type 1 ou insulino-dépendant : il se caractérise par une absence totale de l’insuline, l’hormone hypoglycémiante sécrétée par le pancréas. Ce type de diabète touche les sujets jeunes et représente seulement 10% de la population diabétique.
     
  • Diabète de type 2 ou non insulino-dépendant : il est le plus fréquent des diabètes avec un taux de 90% des malades diabétiques et est généralement l’apanage des sujets âgés en surcharge pondérale.

Nous ne parlerons pas par choix des autres types de diabète qui n’ont rien à voir avec ces deux principaux types (diabète de type III encore peu documenté, le diabète insipide…)

Le mécanisme physiopathologique à l’origine de ce type de diabète est une insulino-résistance : une résistance à l’action de l’insuline au niveau des cellules, ce qui a pour conséquence une accumulation de sucre dans le sang (hyperglycémie) qui, en cas de chronicité, entraîne l’installation du diabète.

Dans les deux cas, le patient diabétique nécessite, en plus des antidiabétiques oraux (DT2) ou de l’insulinothérapie (DT1), une surveillance hygiénique et un régime alimentaire rigoureux.

Le diagnostic de diabète, quel que soit son type, est retenu lorsque :

  • La glycémie à jeun est à supérieure à 1.26g/l à 2 reprises, ou
  • La glycémie postprandiale est supérieure à 2g/l

Pour plus d’informations sur cette maladie, consultez l’article spécifique sur le diabète sur le blog.

Que doit manger un diabétique de type 1 ?

Lorsque la prise en charge est absente ou mal conduite, le diabète se complique le plus souvent, à long terme, d’autres affections pouvant aggraver le pronostic du patient. En effet, les complications du diabète peuvent être d’ordre cardio-vasculaire, ophtalmologique (rétinopathie, cécité), rénal (insuffisance rénale), etc…. C’est pourquoi, le patient diabétique doit être discipliné et son alimentation bien conduite.

Cela ne signifie pas qu’il faut tout supprimé! Certaines choses seront à bannir et d’autres pourront être consommées de façon raisonnable. C’est un changement de mode d’alimentation et non un régime.

Pour le diabète de type 1, il est recommandé de privilégier des aliments à IG faible (index glycémique bas). Avant de connaître ces aliments, définissons d’abord ce qu’est l’index glycémique : il s’agit de la capacité d’un aliment à élever le taux de sucre dans le sang.

Selon deux méta-analyses, les aliments à faible index glycémique permettent, entre autres, de prévenir l’hyperglycémie et un meilleur contrôle du taux de lipides sanguins.

 

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Voici les aliments à IG bas (<39) et à IG moyen (entre 40 et 59) les plus recommandés :

  • Pains: pain essène de céréales germées (35), pain 100% intégral au levain pur (40), pain au quinoa (45) avec au moins 60% de quinoa, pain azyme (farine intégrale) (40), pain complet à grains entiers. Vous l’aurez compris le pain blanc n’est pas dans la liste…
  • Produits céréaliers : maïs ancestral indien (35), orge, pâtes al dente (40), pâtes complètes au blé entier(50), tagliatelles bien cuites (55), macaroni au blé dur (50), spaghettis blancs bien cuits (55), boulgour, riz étuvé (privilégiez le riz sauvage), riz basmati complet (45), riz basmati long ou riz complet (50), riz rouge (55), sarrasin (40), seigle (45)
  • Les légumineuses: haricots coco,mange-tout, coco plat (15), haricots blancs, noirs ou rouges (35), pois chiches (35), lentilles (30)…
  • Les fruits et légumes frais: tomate, clémentine, mandarine, navet cru, oignon, olive, orange, pamplemousse, pêche, poireau, poivron, pomme, poire, prune, radis, salade, litchi, mangue, noix de coco, petits-pois, haricot vert, pruneaux, raisin, topinambour, patate douce….
  • Les produits laitiers : yaourt nature édulcoré (15), yaourt, yoghourt nature (35), lait de vache (30)
  • Autre: Tofu (15), lait de soja (30)
  • Les produits sucrés : chocolat noir.

Attention : certains aliments à IG bas sont moins recommandés que d’autres, car, malgré leur IG bas, ils sont très caloriques et peuvent augmenter le taux de lipides dans le sang. Ce qui est le cas des fruits oléagineux (noisettes, noix, amande…). À consommer donc avec modération !

Vous l’aurez compris, parmi les bombes explosives glycémiques, vous retrouverez le pain blanc, les pommes de terre, la pizza, la polenta, la semoule de couscous, les raviolis, le riz précuit ou parfumé, le riz soufflé, les sodas et tout ce qui contient du sirop de glucose

Que doit manger un diabétique type 2 ?

Comme le diabète de type 2 est fortement lié à la surcharge pondérale, il importe donc pour le diabétique, afin de prévenir les complications suscitées, de faire en sorte de perdre du poids, et ce, par la mise en place d’un régime alimentaire hypocalorique. Car l’ennemi ici n’est pas seulement le sucre, mais aussi les graisses, qui elles- même sont l’ennemi de vos artères !

Optez donc pour :

  • Fibres alimentaires
  • Légumes : navets, asperges, brocolis, choux de Bruxelles, haricots verts, oignon, patates douces, artichaut…
  • fruits : abricots secs, mangue, orange, pamplemousse, pêche, poire, pomme…
  • Pains et féculents : céréales d’avoine, son d’avoine, pain de son d’avoine, quinoa, pain de seigle.
  • Antioxydants :
  • Légumes : artichaut, poivron, épinard, brocoli, oignon, patate douce
  • Fruits : mûres, cerise, pomme, avocat, poire, fraise, framboise…
  • Autre aliments : légumineuses, protéines maigres.

À éviter :

  • Les viandes en sauce
  • les plats cuisinés du commerce
  • les charcuteries
  • les fromages, la crème fraîche, le beurre cuit en grandes quantités
  • les fritures
  • les biscuits apéritifs, les viennoiseries…
  • Les boissons alcoolisées

Ces aliments sont à éviter car ils sont riches en graisses (acides gras saturés) qui sont particulièrement néfastes pour le cœur et les vaisseaux. Privilégiez donc les aliments à index glycémiques faibles et pauvres en graisse.

Qu’en est-il du diabète gestationnel ?

À la différence des deux types de diabète type 1 et type 2, le diabète gestationnel est défini comme un état d’intolérance au glucose qui peut survenir pendant la grossesse, chez une femme enceinte qui n’avait pas eu de diabète jusque-là. Il peut aussi révéler un diabète antérieur.

L’hormone placentaire a un effet antagoniste sur l’insuline, elle conduit à une glycémie élevée à jeun. Une alimentation très équilibrée est généralement suffisante pour maintenir une glycémie stable durant la grossesse. Il est également nécessaire de réaliser des contrôles médicaux réguliers afin de maintenir un équilibre glycémique optimal, et, en cas de nécessité, instaurer un traitement à base d’insuline.

Ne jamais sauter le petit déjeuner !

Le petit-déjeuner est un repas indispensable, et doit représenter 25% de l’apport calorique quotidien. Il se compose de produits céréaliers (pain de blé entier, pain de campagne, avoine, son, pain de blé entier), de boissons et de produits laitiers.

Nous vous recommandons de manger du pain avec un petit peu de beurre (non salé), car les graisses ont tendance à ralentir l’absorption des glucides, ce qui empêche une augmentation rapide de la glycémie (hyperglycémie imminente). Aussi, si le pain est blanc (aliment à IG élevé), il vaut mieux éviter la confiture. De toute façon, le pain blanc est à bannir de votre alimentation si vous êtes diabétique! C’est plus simple!

Les personnes prenant des médicaments contre le diabète (insuline ou ADO) doivent absolument prendre leur petit-déjeuner car, autrement, elles peuvent développer une hypoglycémie dite de fin de matinée. Ce qui les oblige à prendre du sucre à plusieurs reprises.

 

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Boissons alcoolisées et diabète : Attention, chute de bières !

On le sait, les boissons alcoolisées contiennent une quantité importante de sucre. Cela devrait suffire pour convaincre les personnes diabétiques à bannir cette catégorie d’aliments de leur menu quotidien. Certes, cela ne va pas forcément plaire aux grands adeptes de la bière, mais il est important de savoir que cette boisson est l’ennemi numéro un du diabète.

En fait, étant extrêmement riche en sucres et ayant un IG de 110, ce qui est considérable, la bière représente un facteur de risque de déséquilibre permanent du diabète qui se manifeste le plus souvent par une récurrence de pics d’hyperglycémie. Le risque étant multiplié lorsqu’elle est consommée à jeun, cela potentialise l’effet hypoglycémique post hyperglycémie.

Cependant, le vin rouge étant une boisson alcoolisée avec un IG proche de zéro (notamment les vins secs) sa consommation à raison de 1 par jour est raisonnable.

Éducation thérapeutique chez le patient diabétique (ETP)

Dans le cadre du suivi des maladies chroniques, le patient diabétique peut bénéficier en complément de sa prise en charge médicale d’un programme d’éducation thérapeutique que l’on appelle l’éducation thérapeutique du patient (ETP).

Cette pratique complémentaire basée sur une approche pluridisciplinaire (faisant participer une équipe de professionnels de la santé, le patient, parfois des associations de diabétiques), a pour but de faire du patient diabétique l’acteur de sa santé. En impliquant le patient dans la prise en charge de sa maladie, ce dernier va être en mesure de :

  • Mieux comprendre et accepter sa maladie et pouvoir ainsi vivre avec
  • Reconnaître les éventuelles complications liées à sa maladie : hyper ou hypoglycémie, acidocétose diabétique… ou des incidents liés aux traitements (hypoglycémie) et savoir ainsi réagir de manière adéquate
  • Connaître également les mesures préventives à adopter: par exemple surveiller ses pieds, aller régulièrement chez l’ophtalmologue pour faire un fond-oeil, faire des dextros et adapter la dose d’insuline en fonction si nécessaire, avoir toujours une collation sucrée sur soi si vous partez hors de chez vous en cas d’hypoglycémie, la prise d’un traitement préventif, l’aménagement de l’environnement, etc….
  • Prévenir les gros problèmes liés au diabète qui surviennent notamment sur le long terme. En effet, il a été démontré qu’une bonne coopération entre le médecin traitant et son patient discipliné pouvait prévenir la survenue de complications dites « tardives » dont les plus néfastes sont : la rétinopathie diabétique, la néphropathie diabétique, la cardiomyopathie diabétique, la neuropathie diabétique et le pied diabétique.
  • Et sans oublier que ces séances d’ETP (Education Thérapeutique) permettent aux patients de rencontrer d’autres personnes diabétiques et de partager leur vécu, expériences et souffrances. Ce partage crée indéniablement des liens, du soutien et moins de solitude.

Ces programmes d’ETP peuvent être proposés entre autres par la CPAM ou par d’autres dispositifs comme ASALEE (Action de santé libérale en équipe), qui est un réseau coopératif entre médecins généraliste et infirmières libérales. Pour plus d’informations, parlez-en à votre médecin traitant pour être orienté si vous le souhaiter.

Et pour finir, voici une recette de pain essène, que vous pouvez essayer, simplement pour découvrir. Totalement adapté à l’alimentation pour personnes diabétiques, il a un index glycémique très faible. Il est fait à partir de céréales germées, il ne contient pas de farine et est cuit à basse température, ce qui lui permet de garder toutes ses propriétés nutritives. En effet, après germination, les propriétés nutritives de vos graines explosent.

  • 300 g  de graines germées de céréales (blé, quinoa, sarrasin, amarante). Vous pouvez prendre 200g de graines germées et 100g de flocon d’avoine également. Attention, les graines germées pèsent plus que les graines sèches.
  • 2 c. à soupe de graines de lin ou de chia
  • 1 petite pincée de sel
  • Selon vos envies: ajoutez quelques fruits secs, épices, oléagineux (amandes, noix…)

Recette

  • Faîtes germer vos céréales 3 jours avant la réalisation de votre pain jusqu’à ce qu’il y ait des petits germes blancs
  • Rincez-les et essorez-les doucement
  • Mixez-les en ajoutant la petite pincée de sel, le lin, le chia, les flocons d’avoine, les fruits secs en fonction de votre choix. Si nécessaire, ajoutez un peu d’eau ou d’une huile végétale biologique de qualité (olive ou coco par exemple)
  • Séparez votre préparation obtenue en plusieurs petits bouts, pas trop gros pour que ce soit rapide à déshydrater. Attention votre préparation peut coller aux mains… Aidez-vous du papier sulfurisé pour les façonner…
  • Déshydratez-les à 40°C à l’aide d’un déshydrateur pendant au moins 8h. Si vous n’avez pas de déshydrateur, placez vos petits pains au four à 40°C  jusqu’à ce qu’ils soient cuits ou à la vapeur pendant 1h30 environ.
  • Ces petits pains peuvent se conserver environ 5 jours bien emballés.

Bonne dégustation!

Vous trouverez également dans les Ressources des livres qui pourront vous aider dans la prise en charge de votre diabète. Il est important de trouver pour vous la meilleure manière de vous soigner.